Julien Bosc, poète de la mer et des phares : par où commencer

Julien Bosc, poète des phares et de la Creuse (1964-2018) : ses livres, ses éditeurs, par où commencer, puis les phares de Bretagne qui se visitent.
Poésie et chanson4 min de lecture
Un poète installé dans la Creuse, loin de toute côte, qui baptise sa maison d'édition « le phare du cousseix ». Voilà Julien Bosc. Ses titres parlent de phare, de mer et de passage, mais il a écrit l'essentiel de son œuvre dans la campagne du Limousin. Voici qui il était, quels livres ouvrir en premier, et où aller voir de vrais phares, en Bretagne, après l'avoir lu.
Qui était Julien Bosc ?
Julien Bosc naît le 27 octobre 1964 à Boulogne-Billancourt. Il commence par le théâtre : en 1984, il met en scène L'Éveil du printemps de Wedekind. En 1989, il quitte Paris pour le sud de la Creuse, qui devient son territoire d'écriture.
Il a aussi mené une vie d'ethnologue. Après un voyage au Burkina Faso en 1994 pour un documentaire sur la musique lobi, il étudie à l'EHESS la sculpture lobi. Le musée du quai Branly lui confie ensuite la conception d'un espace consacré à cette sculpture sur bois. De cette période reste un livre, Magie lobi, écrit avec Max Itzikovitz.
En 2013, il fonde les éditions le phare du cousseix, qui publient des plaquettes de poésie contemporaine. En 2015, la Société des gens de lettres lui accorde la bourse Gina-Chenouard de création poétique. Il anime aussi des ateliers d'écriture pour la Maison des écrivains et de la littérature. Il meurt en septembre 2018, à 53 ans.
Pourquoi parle-t-on de lui comme d'un poète des phares ?
À cause de quelques titres qui reviennent. En 2011, il publie « Dans le pinceau du phare » dans un ouvrage collectif sur la Creuse, chez Jean-Paul Ruiz. En 2014 paraît Tout est tombé dans la mer, aux éditions Approches. Et il y a le nom de sa maison d'édition.
Chez lui, le phare tient plus de l'image que du paysage. C'est la lumière qui tourne et qui revient, le signal dans le noir. Nous ne lui prêtons pas de séjours en mer que rien ne documente : ses livres suffisent à justifier le titre.
En décembre 2015, un portrait publié sur Mediapart saluait « la voix trop rare » du poète. La formule dit bien sa place : un auteur publié surtout par de petites maisons d'édition.
Par quel livre de Julien Bosc commencer ?
Son œuvre est dispersée chez près de vingt éditeurs différents. Voici un ordre de lecture simple, avec des titres vérifiés dans les catalogues.
- Le Corps de la langue (Quidam, 2016). Préfacé par le poète Bernard Noël. C'est une bonne porte d'entrée dans sa langue.
- Tout est tombé dans la mer (Approches, 2014). Le titre qui justifie le mieux sa réputation de poète de la mer.
- La Coupée (Potentille, 2017). Une plaquette de 29 pages, à lire d'une traite.
- Les livres posthumes. Le coucou chante contre mon cœur (Le Réalgar, 2020) et Neige d'avril (Collodion, 2023) prolongent l'œuvre après sa mort.
Entre ces titres, d'autres plaquettes attendent les curieux : De la poussière sur vos cils (la tête à l'envers, 2015), Un bégaiement (Cénomane, 2016) ou C'était (Atelier de Groutel, 2018). À sa mort, le site ActuaLitté a salué un homme de culture généreux et attentif, en reprenant l'annonce de la revue en ligne Poezibao.
Pour les débuts, cherchez Pas, paru en 1999 aux éditions Unes, à Draguignan. La liste complète est sur la page Wikipédia de Julien Bosc, et la notice de la BnF donne ses dates exactes.
Quels phares de Bretagne peut-on visiter ?
Après le phare des mots, celui de granit. La Bretagne en compte plusieurs dont on peut monter les marches. En voici quatre, dans le Finistère, avec ce que disent leurs fiches.
| Phare | Où | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Eckmühl | Penmarc'h, pointe de Saint-Pierre | 60 m, 307 marches, allumé en 1897 |
| Île Vierge | Plouguerneau | 82,5 m, plus haut phare en pierre de taille du monde, allumé en 1902 |
| Saint-Mathieu | Plougonvelin, près de Brest | 37 m, 163 marches, en service depuis 1835 |
| Créac'h | Ouessant | allumé en 1863, abrite le musée des Phares et Balises |
Eckmühl, le phare d'une marquise
Il doit son nom à la marquise Adélaïde-Louise d'Eckmühl de Blocqueville, qui a légué 300 000 francs pour le construire. Il est classé monument historique depuis 2011.
L'île Vierge, le géant
Il se dresse sur un îlot au large de Plouguerneau. On y va en bateau, ou à pied lors des grandes marées seulement. L'ancienne maison des gardiens est devenue un écogîte.
Saint-Mathieu, le phare dans l'abbaye
La tour se dresse au milieu des ruines de l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre, en partie bâtie avec ses pierres. Il n'a plus de gardien depuis 2006, mais il se visite.
Le Créac'h, le phare-musée
À la pointe ouest d'Ouessant, son ancienne salle des machines accueille le musée des Phares et Balises. On y voit une très belle collection de lentilles de Fresnel. C'est aussi l'île chantée par Annkrist, à qui nous consacrons le portrait d'une chanteuse bretonne des années 1970.
Avant de partir
Les jours d'ouverture, les horaires et les tarifs changent selon la saison et la météo, surtout pour les phares en mer. Consultez le site officiel de chaque phare ou l'office de tourisme de la commune avant de partir. Et pour d'autres lectures de route, retrouvez toute la revue sur Encre & Boussole.
Questions fréquentes
Julien Bosc est-il toujours vivant ?
Non. Né en 1964, il est mort en septembre 2018. La BnF retient la date du 24 septembre 2018.
Qu'est-ce que le phare du cousseix ?
La maison d'édition qu'il a fondée en 2013. Elle publiait des plaquettes de poésie contemporaine, environ cinq par an.
Par quel livre commencer ?
Par Le Corps de la langue, paru chez Quidam en 2016 avec une préface de Bernard Noël. Puis Tout est tombé dans la mer (Approches, 2014).
Quel est le plus haut phare de Bretagne ?
Le phare de l'île Vierge, à Plouguerneau, avec 82,5 mètres. Il est présenté comme le plus haut phare en pierre de taille du monde.


